LE  NOUVEAU  JOURNAL

1975  J.J.Levêque  : “Jousselin”

Pour ceux qui pensent que la figuration dans sa facture traditionnelle est dépassée. Le résultat d’une influence conjuguée de Chirico (pour le sens du mystère) et de Bonnard (pour le goût d’une belle matière). C’est franc, simple, net, audacieux dans sa modestie. La banalité de la réalité portée aux dimensions du fantastique. A voir absolument.

L’EXPRESS

1968  Jean-Louis Ferrier :

Les jambes des filles.

Ce qu’aime Jousselin, ce sont les cadrages, mais qui “décadrent” la réalité. Il aime voir le monde apparaître, par exemple, entre les jambes des filles en minijupes, lorsqu’il sort du métro. Il aime le voir aussi à travers les montants d’un escabeau. Alors le trottoir ou la table s’allongent démesurément, la vie dans la rue change de dimension, tandis que les moindres objets, au premier plan, s’enflent jusqu’à remplir la totalité du champ visuel.

“Ma peinture, c’est mon tombeau”, dit Jousselin. La hantise de la mort, la hantise du sexe, en effet, ne sont jamais très loin dans ces ouvrages. Cela explique sans doute - comme le Douanier, comme Jarry - qu’ils nous semblent toujours “étrangers” parmi nous.

 

NOUVELLES LITTÉRAIRES

1964  (auteur inconnu) “D’une rive à l’autre”

Ils sont quatre, dont les recherches sont assez différentes pour qu’on ne puisse dire qu’ils forment un groupe. Mais Atila, Buri, Weiss et Jousselin ont en commun leur jeunesse et la volonté de traduire le monde selon leur propre originalité. Avec son sentiment tragique de la vie, Jousselin me paraît le plus profond et le plus riche.

JÉRUSALEM

1964  M.R. “Paris gallery exhibits here”.

  An exhibition of paintings from the Massol gallery is on show at Jerusalem’s Bineth gallery... Cortot born in Egypt has been seen here before ; with Jousselin and Lahaut he is the youngest of the group on show...Jousselin’s expressionnist nudes are messily unattractive...

LE FIGARO

1970  S. Marchand : “Rue la Boétie, au 12, Jousselin”

 

En 1962 il fut un des premiers à s’exprimer dans ce qui devait s’appeler le style Nouvelle Figuration. Des oeuvres récentes : une suite d’images qui se plient comme au cinéma à la volonté imaginative de l’auteur. Ce n’est pas la réalité d’une scène de métro saisie dans sa vérité qui nous est montrée, mais une composition où personnages, objets doivent être lus en tant que symboles, traduction du subconscient. L’insolite de certaines situations dans un décor quotidien exerce une fascination réelle sur le spectateur qui veut bien entrer dans le jeu du créateur.

 

   L’EXPRESS

1962  (auteur inconnu) “Figuratifs”

 

Jousselin : Le traitement baroque de sujets dramatiques, l’accouchement, l’assassinat, la guerre.

 

PARIS-PRESSE

1962  René Barotte : “Le journal des arts”.

 

Jousselin : une des “vedettes” de la Nouvelle Figuration. Rend presqu’attachantes des scènes aussi peu plastiques que l’accouchement, l’assassinat ou la guerre.

COMBAT

1968  Pierre Cabanne : “Jousselin, fabuliste de l’insolite”.

En 1949, trois jeunes tartouilleurs toulousains Marfaing, Igon et Jousselin, débarquent à Paris pour y tenter leur chance, ils comptent aujourd’hui parmi les meilleurs d’une génération qui a dû affronter, en une quinzaine d’années, bien des mutations. Jousselin est, des trois, celui sur qui ces mutations, de la nature à la figure et de la figure à l’objet, du réel à l’imaginaire, de l’abstrait au concret, semblent avoir eu le plus de prise. Sa peinture s’est toujours ressentie des ambiguïtés et des contradictions d’une sensibilité à vif, à la fois réceptive et retenue, mais que ses exigences portaient constamment à un dépassement des personnalités ou des phénomènes qui l’imprégnaient.

Jousselin dont la galerie Jacques Massol présente les toiles récentes, n’a jamais eu à se dégager de l’équivoque puisqu’il en a fait son langage...

L’EXPRESS

1968  Jean-Louis Ferrier : “Jousselin peint son tombeau”

 

Jousselin, sur le torse d’un sol maternel”(portrait de F.J. une cigarette à la bouche, grattant une allumette devant une peinture montrant des allumettes géantes et au loin Prométhée portant une poutre sur l’épaule)

Trois superstitions : Ambroise Paré, le Douanier Rousseau, Alfred Jarry, comme lui nés à Laval et, comme lui, passionnés de monstruosités. Uccello et Chirico. Une lecture décisive : “Peinture et société”, de Pierre Francastel, découvert par hasard. Ainsi s’établit la fiche psychométrique de François Jousselin, 42 ans, costume de velours côtelé et crinière de cheveux noirs, qui expose actuellement à la galerie Jacques Massol.

Après dix ans d’abstraction et un “retour à la figuration”, comme on dit, ce que montre aujourd’hui le peintre, ce sont des allumettes grandes comme des hommes ou des hommes si petits, au contraire, qu’ils piétinent le torse d’une femme couchée qui leur sert de sol maternel, des mains éparses munies de baguettes magiques, des statues qui descendent la nuit de leur piédestal pour s’entretuer...

Les moyens utilisés par Jousselin, cependant, sont classiques ou presque. La perspective, que les artistes de la Renaissance inventèrent pour donner une “vision moyenne” des êtres et des choses, celle que continue à donner la photographie, mais qui est ici distendue à l’extrême est renouvelée du même coup. Une curieuse manière de peindre, également : sur du papier kraft qui absorbe la couleur, la ternit et la rend inquiétante, papier qu’il maroufle ensuite sur la toile.

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